La Dame à l'hermine

Vues et humeurs de Chiara Gallerani, dame de fort mauvaise compagnie.

17 juillet 2007

Arboulastre en tarte

oeufsLes ingrédients pour 4 personnes :
- 100 grammes de crème fraîche
- 50 grammes de gruyère râpé
- 6 oeufs battus en omelette
- une pâte brisée (d'après votre recette ou achetée dans le commerce)
- deux feuilles de menthe coq
- une demi-feuille de rue (voire un peu moins, ou pas du tout si vous redoutez l'amertume)
- 2 feuilles de sauge, 4 de menthe poivrée
- 1 bouquet de ciboule
- 1 cloche de gingembre
- 1 branche d'estragon
- 2 feuilles de violette
- 10 feuilles de basilic
- une branche de céleri
- sel

herbs_freshLa recette :
Faire blanchir votre pâte dans un four préchauffé à 220 degrés environ. Hacher ensemble toutes les herbes. Au mélange obtenu, vous ajouterez le gruyère, la crème, et enfin les oeufs, que vous aurez pris soin de battre en omelette. Salez légèrement. Lorsque votre pâte est blanchie, y verser la préparation et mettre le tout au four pendant une vingtaine de minutes.

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16 juillet 2007

La fontaine

Je sortais de la librairie. Serré contre mon coeur, Istanbul, d'Orhan Pamuk. Je me suis dirigée vers le banc, tout près de la fontaine. Le livre ouvert, les eaux sombres du Bosphore ont rencontré l'eau claire de ma fontaine. J'ai pleuré. Et mes larmes avaient le goût du miel.

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14 juillet 2007

Mon jardin des Simples (1)

Depuis plusieurs mois déjà, bien avant ce blog, j'ai investi le jardin avec l'idée d'en faire notre Jardin des Simples. Paolo (1) redoute les jours du jardin. Ce jardin, c'est ma fuite, mon ordre. J'aime en respirer la terre, j'aime lire près du thym, me recueillir près des iris, contempler les insectes autour de la sauge.

Le jardin des Simples ou herbularius (de herba, herbae : herbe) est un jardin où l'on cultive des plantes médicinales. Le terme "simple" nous vient du latin, il venait qualifier une herbe que l'on pensait constituée d'une seule substance, remède "simple" comparé aux mélanges de la médecine savante.

 

Voici le mien. Bien sûr, c'est un jardin idéal, bien sûr, je n'ai toujours pas trouvé la précieuse Simsimbria ni trouvé le moyen de me procurer la Ruta...

jardin

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11 juillet 2007

Santi Sebastiani ou Le Mystérieux pouvoir érotique du hérisson

Parmi les très nombreuses représentations que nous avons de San Sebastiano, il en est quelques unes devant lesquelles je me pâme littéralement (J'y reviendrai). Bien sûr, vous me rappellerez, chers autres, que pour que Pierre et Gilles s'inspirent dudit martyr et en fassent une nouvelle (?) icône homosexuelle, il fallait bien que celui-ci ait un quelconque pouvoir érotique, pouvoir que Pierre et Gilles n'ont assurément pas dévoilé (je n'aime pas Pierre et Gilles).
Mais avant de nous perdre dans la contemplation de ce saint admirable, retraçons très brièvement son martyre :

Soldat modèle s'il en est, élevé dans la foi chrétienne (secrètement donc), Sebastiano s'attacha les bienveillances de l'empereur romain Diocletianus, qu'il servit dans les années euh...280. Or, à la fin du troisième siècle, il est encore de bon ton de traquer du chrétien : notre Sebastiano, favori du grand empereur, se trouva bien embêté. Plus embêté encore fut sans doute le grand Diocletianus, lorsqu'on lui rendit compte du prosélytisme que menait, l'air de rien, son petit protégé auprès des prisonniers : "Hé toi ! ta vie est fichue, n'oublie pas de servir le christiannisme, devient martyr !" leur soufflait-il fièrement.

Saint Ambroise (voir ses Actes) raconte :

"L'empereur le manda et lui dit: «J'ai toujours voulu que, tu occupasses le premier rang parmi les officiers de mon palais, or tu as agi en secret contre mes intérêts, et tu insultes aux dieux. » Sébastien lui répondit : « C'est dans ton intérêt que toujours j'ai honoré J.-C. et c'est pour la conservation de l’empire Romain que toujours j'ai adoré le Dieu qui est dans le ciel. » Alors Dioclétien le fit lier au milieu d'une plaine et ordonna aux archers qu'on le perçât à coups de flèches. Il en fut tellement couvert, qu'il paraissait être comme un hérisson; quand on le crut mort, on se retira. Mais ayant été hors de danger quelques jours après, il vint se placer sur l’escalier, et reprocha durement aux empereurs qui descendaient du palais les maux infligés par eux aux chrétiens. Les empereurs dirent : « N'est-ce pas là Sébastien que nous avons fait périr dernièrement à coups de flèches ? » Sébastien reprit: « Le Seigneur  m’a rendu la vie pour que je pusse venir vous reprocher à vous-mêmes les maux dont vous accablez les chrétiens. » Alors l’empereur le fit fouetter jusqu'à ce qu'il rendît l’esprit; il ordonna de jeter son corps dans le cloaque pour qu'il ne fût pas honoré par les chrétiens comme un martyr. Mais saint Sébastien apparut la nuit suivante à sainte Lucine, lui révéla le lieu où était son corps et lui commanda de l’ensevelir auprès des restes des apôtres: ce qui fut exécuté."

Sebastiano fut donc dénudé, percé de flèches, et de tant de flèches qu'il prit les traits du hérisson, nous dit Saint-Ambroise. De Saint-Ambroise à Pierre et Gilles, que s'est-il passé ? Pouvoir érotique du hérisson ? Sainte Hildegarde, au XIIème siècle, ne semble pas y être sensible :

sebastiano1"Le hérisson est froid, de nature immonde; il mange les fruits de la forêt ctles écorces ; il ressemble un peu au porc, mais l'impureté qui devrait être dans sa chair remonte dans ses luants, et c'est pourquoi il est plus immonde que le porc."(1)
(à gauche, peinture médiévale à Saint-Etienne de Tinée)

Pas franchement de quoi se pâmer. Regardez plutôt le 'San Sebastiano' de Del Biondo (vers 1370, à voir au Musée del Duomo, à Florence).
Fort heureusement et allez, on va dire assez vite, le hérisson perd de son piquant. Chez les Pollaiolo (1475 environ, illustration ci-dessous), on ruse : la scène du martyre est en train de se dérouler : le corps de Sébastien ne porte plus que deux flèches, tandis qu'à la même période (1470), Hans Memling, met en scène l'effeuillement (si si, regardez, la veste et la chemise sont par terre, le pantalon entrouvert sur le bassin !) d'un Sébastien au regard tourné vers nous, pauvres pécheurs !
Un tout petit peu plus tard, c'est à dire en 1490, chez Pietro Vannucci (dit Pérugin) : deux flèches, un corps d'éphèbe, une nudité à peine dissimulée par un savant drapé. En revanche, plus besoin ici de justifier le peu de flèches, Sebastiano est tout à son martyre, la blessure est belle, immaculée, le décor antique ne s'embarrasse plus de ruines ; Dieux ! qu'il est beau ce martyr !

Mais mon Sebastiano à moi est sans conteste celui d'Antonello da Messina, peint aux alentours de 1470 : ce n'est certes pas l'Apollon du Pérugin, il porte le boxer et pas le pagne, a peut-être moins de grâce dans la souffrance, mais que voulez-vous, il saigne et son regard est las.

- Hans Memling, 1470. Musée Royaux des Beaux-Arts (Brussels, Belgium)

memling1


- Antonio e Piero Pollaiolo
Le Martyre de Saint Sébastien                              
1475, National Gallery, Londres.                        

pollaiuolo                                    

- Antonello da Messina
Saint-Sébastien, 1475 (Dresde)

antonello

- Le Pérugin
Saint-Sébastien
(1490-1500). Musée du Louvre (Paris, France)

perugino1

Pour se régaler de représentations du plus sexy de tous les saints, je vous invite à vous promener par là.

(1) Hildegarde de Bingen, Le Livre des subtilités des créatures divines, J. Millon éd., tome 2, p. 202.

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10 juillet 2007

Colocations

Paolo est venu me rejoindre cette nuit. Nous avons, de temps en temps, besoin de partager un peu plus que quatre chaises, un placard, 10 assiettes plates, 7 creuses, 8 à dessert, deux douzaines de verres, une batterie de casseroles, un mixer, 6 ou 7 ampoules, 5 ou 6 d'amis.
Paolo, chers autres qui déjà m'interrogez, Paolo n'est pas beau ; Paolo n'est pas pas même joli. Mais Paolo est tendre-et-gentil. Surtout, Paolo ne sait pas crier, on ne le lui a pas appris. Même dans la jouissance, Paolo reste discret.

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06 juillet 2007

Ciel ! Un émoi !

Premier émoi sur ce blog. En peaufinant ma page, en y insérant quelques images, en me présentant en "quelques mots" comme il faut le faire ici, je prends conscience du regard des autres et, puisque vous êtes là, chers autres (mais peut-être que vous ne me lirez pas, et c'est bien votre droit), je vous le demande, comment donc allez-vous me percevoir telle que je me représente ?

Je vous aide:
Ce que vous voyez :

- un "emballage" plutôt austère pour une femme de 30 ans...
- un portrait représentant une jeune prude de plus de 500 ans...
- un goût pour le vieillot incontestable : les jardins, les arts culinaires... Elle va bientôt nous apprendre la tapisserie cette vieille fille bigote !

Et bien vous touchez là à l'un des grands problèmes de ma vie : je me sens décalée. Pas en apparence, parce que vous savez, chers autres, je porte des jeans Levi's, des Converses, et des t-shirt avec des motifs-qui-font-fille-de-ton-temps, oui oui, tout ça je le fais quand il le faut.
J'ai des amies tout à fait fréquentables, des hommes qui passent, qui restent, qui partent et parfois reviennent et puis repartent... ; j'ai un job ; des parents formidables qui, le soir au palais Pitti, invitent la ville entière et les bals y sont grandioses et le peuple y est heureux vous savez... Bon d'accord, mes parents sont juste formidables. Ils habitent Angoulême.

Seulement l'habit-ne-faisant-pas-le-moine (Fratello, aiutame!), rien n'y fait, je me sens ...

[TOUS EN CHOEUR !]

- Décalée !

Posté par Chiara_Gallerani à 13:52 - Emois et humeurs d'aujourd'hui - Un p'tit truc à dire ? [0] - Rétroliens [0] - Permatruc [#]

05 juillet 2007

Sauce verte douce et forte

A la base de la cuisine médiévale, elle est encore très présente à la Renaissance. La préparer juste avant de servir pour éviter une décoloration. Elle peut accompagner les viandes, notamment les gibiers.

images


Ingredients :

25 centilitres de bon vinaigre (de vin blanc si possible, j'utilise pour ma part un vinaigre aromatisé à la sarriette)

1 tranche de pain rassis dont vous enlèverez la croûte
6 cuillérées à soupe d'herbes aromatiques hachées très finement
(du persil, de l'estragon, de la menthe poivrée, de la sauge)
1 cuillérée à soupe de miel liquide
1 petite gousse d'ail


estragonLa recette :

Trempez le pain dans le vinaigre pendant trente minutes. Passez le au travers d'un tamis pour avoir une consistance homogène. Ajoutez les herbes aromatiques hachées et mélangez le tout en pilant pour obtenir une sauce verte homogène.
Salez et ajoutez une pointe d'ail écrasé (selon votre goût) et le miel, pour adoucir le parfum du vinaigre.


Le petit plus d'Hildegarde

Sur le vinaigre, voici ce que je lis dans Le Livre des plantes, d'Hildegarde de Bingen :

images_1"Le vinaigre de vin est bon à ajouter à tous les aliments, si on l'ajoute de telle manière qu'il ne leur enlève pas leur saveur, mais que l'on y sente modérément la goût du vinaigre. Le vinaigre pris ainsi avec un peu de nourriture évacue la pourriture de l'homme, diminue en lui les humeurs, et la nourriture passe en lui par une voie droite. Mais si on ajoute tellement de vinaigre à la nourriture que le goût du vinaigre l'emporte sur celui des aliments, il fait alors du mal à celui qui les mange, parce que sa chaleur fait cuire la nourriture à l'intérieur de l'estomac, d'une autre façon, et la rend si dure qu'elle peut à peine être digérée."
(Le Livre des subtilités, Hildegarde de Bingen, J. Millon éd., tome 1, p. 165)

Posté par Chiara_Gallerani à 14:21 - Mets et mots : émois gourmands - Un p'tit truc à dire ? [2] - Rétroliens [0] - Permatruc [#]

04 juillet 2007

Premiers mots, pas d'émoi

Non, pas d'émoi tandis que je cherche à "paramétrer" ce blog... Je vous écris dès que j'en ressens le moindre effet !
Vous l'aurez compris, ce billet est un test !

Posté par Chiara_Gallerani à 10:34 - Emois et humeurs d'aujourd'hui - Un p'tit truc à dire ? [0] - Rétroliens [0] - Permatruc [#]
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