12 décembre 2008
Le fond du tiroir (1)
Dans une poignée de coquillages brisés au fond du tiroir, tu revois cette petite fille blonde en bikini vert-amande, son sourire malhabile, ses genoux écorchés. A côté d'elle, une femme qui pourrait être ta grand-mère, petite dame au teint halé, cheveux noirs au carré, pose, les mains enfouies dans les poches de sa robe de toile blanche ; sourire affirmé, regard altier. Toi tu es assise dos à l'objectif, tu tournes la tête, bouche-grimace, yeux mis-clos. Tu tiens un moule de plastique rouge en forme d'étoile. Les doigts de ta main libre s'enroulent dans une boucle de tes cheveux. Au dos de la photographie, on a écrit : Mimizan, été 81.
09 décembre 2008
L'intime encore
Il n'y a donc rien d'autre que cette chaleur étouffante du transport, que le bruit des pages tournées dans la fièvre de ne pas se laisser dormir au milieu du jour ?
Rien d'autre que cette plainte des corps que l'on ne sent même plus, rien d'autre que la clameur liquoreuse du boulevard, rien d'autre, rien d'autre à écrire ?
L'intime est bien fade, il faudrait trouver une forme de mensonge plus ardent ...
07 décembre 2008
Il est plus facile pour un poireau...
Où l'on se presse de devenir autre chose qu'une charogne anodine, où l'on tente de se rapprocher de cette élégante composition végétale sans risquer une phrase de plus.

